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Les Fermières Obsédées est un collectif composé de trois artistes issues des arts visuels (Annie Baillargeon, Eugénie Cliche et Catherine Plaisance). Par le biais de l'art action, les F.O. soutiennent un projet en progression, s'échelonnant d'apparition en apparition. Elles se sont créés une image de groupe qui repose sur le port d'un uniforme se trouvant en constante évolution et mutation avec la démarche. Par cet uniforme les Fermières deviennent, en quelque sorte, complices ou victimes d'une même trame narrative parce qu'uniformisées, elles se fondent une dans l'autre en provoquant une sorte d'endossement participatif aux faits et gestes de l’une ou de l'autre. Un effet d'entraînement comparable à l'uniformisation massive et à la léthargie de nos sociétés modernes. Avec le temps, cet emblème subit une déchéance et une temporalité laissant entrevoir la ferveur de plusieurs luttes et prises de position. À la limite du cliché, l'image de la femme représentée par le port de cet uniforme leur sert de matière à transgression; elles ont comme désir la réinvention et le renversement de cette image dans toute sa contemporanéité.

Les prestations des F.O. sont à la croisée de plusieurs disciplines telles que la danse, le théâtre, la musique ainsi que les arts visuels. Elles créent des images poétiques et abstraites prenant leur source dans des positionnements sociaux concrets. Leurs performances ressemblent à des tableaux vivants où sont présentées de multiples images symboliques et métaphoriques qui font allusion à notre monde en mouvance. Elles critiquent au passage la culture de masse nord-américaine trop peu conforme à nos valeurs intrinsèques. Les F.O. présentent des chorégraphies cadencées inspirées d'attitudes militaires et conquérantes, parfois stéréotypées et parodiées, mais surtout bien calculées. Elles proposent chacune de leur apparition comme une tentative de se définir dans l'instant, en lien avec les préoccupations qui leur sont actuelles. Elles utilisent un langage visuel alliant le tragique, le burlesque, le rythme et l'utilisation de symboles populaires. Elles apportent une réflexion sur l'état du monde et la tradition de bêtise dans laquelle nous sommes ancrés. Les F.O. se déploient tantôt comme une armée décidée à foncer, tantôt comme trois personnages délavés et perdus. Par une multitudes de contrastes déroutants elles arrivent à tenir en haleine le spectateur qui ne se doute jamais dans quelle direction il se fera propulser. Des gestes épurés et schématisés côtoient des artifices éblouissants qui en mettent plein les yeux l'espace d'un court instant. Avec une ironie certaine, elles critiquent notre société du spectacle qui propose des stéréotypes primaires comme point d'ancrage. Par un théâtre déchu elles incarnent diverses attitudes, tentant de trouver un équilibre entre la faiblesse et la puissance caractérisant l'être humain.

Des performances aux allures de révolutions, voilà. Faire rupture avec nos barèmes et tout ce que l'on croyait acquis, se moquer de nous-même, essayer de combattre des idéologies qui ne nous correspondent pas en déjouant des acquis de sens et de symbolique pour résister à la chute qui nous menace à tout instant.

Depuis 2001 les F.O. ont présenté leur travail dans divers événements au Québec, au Canada, au Pays de Galles, en Irlande du nord, en Australie et en Pologne.


Australie et en Pologne.